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Agence Palindrom : Design produit en impression 3D

Le design studio Palindrom est né fin 2016 à Paris. C’est avant tout l’association des vécus et expériences de Christophe Merceron, architecte d’intérieur et designer de formation, et de Benoît Kellal, de formation plus technique, notamment en conception de produits industriels. Après avoir collaboré dans une agence de design spécialisée dans les cosmétiques et parfums, ils ont l’idée de fonder une agence capable de s’adapter à la diversité des demandes clients en ayant une approche « à la carte ». Cette jeune structure leur permet de se confronter aussi à des projets plus personnels en mobilier, objets de décoration et design d’espace. En 2017, ils font l’acquisition d’une imprimante 3D SLA Form 2. Benoît nous raconte aujourd’hui comment celle-ci s’est intégrée à leur processus de création et les avantages qu’a apporté l’impression 3D de bureau aux designers.

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Benoit Kellal et Christophe Merceron, les fondateurs de l'agence de design Palindrom, à Paris.

Quand et pourquoi vous-êtes-vous procuré la Form 2 ?

Nous nous sommes procuré la Form 2 il y a bientôt un an, assez vite après avoir ouvert le studio. La qualité de la résine SLA nous a convaincu car il devenait envisageable de présenter les impressions à nos clients, chose impensable avec une machine dite « au fil d’ABS ». Je suis allé au salon Midest pour évaluer les nuisances sonores ainsi que l’odeur de la résine. Aucun de ces critères ne s’est avéré rédhibitoire et nous nous sommes donc portés acquéreurs de la form 2.
Nous avons pu nous rendre compte très rapidement de la qualité des résultats et de la simplicité d’utilisation au travers d’un pot de crème cosmétique que nous avons réalisé pour un de nos clients. Un design qui n’était pas véritablement complexe, mais qui au final regroupait des mécanismes simples sur un produit d’aspect. Et ce, pour une marque de skin care dont les équipes marketing et développement sont habituées à des maquettes en haute résolution. Une fois tout le monde satisfait, on ne pouvait être que ravi de notre investissement.
Nous utilisons par ailleurs aussi beaucoup la machine pour valider ou non nos propres créations, c’est un formidable outil pour prendre en mains ce qui était un croquis ou une simple esquisse la veille.
Cet outil nous permet aussi de faire le lien avec des usines de fabrication. Par exemple, c’est une de nos impressions qui a servi de matrice pour réaliser le moule de céramique de notre pingouin « Célestin ».

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Célestin, le pingouin développé en 3D sur la Form 2 SLA.

La Form 2 vous a-t-elle aidé à faire des économies, notamment de temps et d’argent ?

L’imprimante 3D aide surtout à valider ou non des idées. Il est difficile de parler d’économies en matière de productivité. Ceci dit, il est vrai que le fait d’avoir l’imprimante 3D en interne évite les nombreux allers-retours chez les maquettistes.
Avec le prix du litre de résine ainsi que les faibles coûts d’utilisation de la machine, nous sommes surtout plus enclins à lancer une impression en phase de recherche même si on sait pertinemment que le projet n’est pas complètement abouti.
Il est cependant plus juste de parler de gain financier plutôt que de temps car les prestataires d’impressions 3D aujourd’hui sont d’une efficacité redoutable en termes de timing.
Nous n’avons pas vocation à produire des maquettes pour les revendre. C’est pourquoi la Form 2 est l’outil idéal pour notre structure. Elle s’intègre parfaitement dans un environnement « bureaux » et privilégie la notion de qualité à celle du délai.

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Impression d'une pièce en stéréolithographie sur la Form 2.

L’impression 3D repousse-t-elle les limites du design aujourd’hui ?

Indéniablement, il est en train de se passer quelque chose d’important en ce moment. L’impression 3D n’est finalement qu’une facette de ce qu’on appelle la « fabrication additive ». L’ensemble des techniques qui s’y rapportent tels que les scanners ou bien la réalité virtuelle, etc. vont complètement changer nos façons d’inventer, de concevoir, ou encore d’optimiser des pièces existantes, et ce dans toutes sortes de matériaux.
Aujourd’hui le cadre pour dessiner un objet, ce sont les procédés de fabrication et malheureusement leurs limites. N’est-il pas possible de dessiner une chaise en plastique plus confortable, plus solide ou simplement plus jolie si la question du démoulage ne se pose pas ? La porte qu’ouvre la fabrication additive est gigantesque.
Evidemment la productivité d’un tel procédé n’atteindra jamais les performances de l’industrie actuelle. Mais aujourd’hui, ne serait-il pas raisonnable de créer des objets en petites séries pour répondre aux demandes très éphémères et volatiles des consommateurs ? Les notions de proximité et de réactivité sont de plus en plus importantes.

L’impression 3D a-t-elle accru les ambitions de Palindrom ?

Pour nous, l’imprimante 3D n’est pas l’outil central de notre travail. Nous ne faisons pas notre chiffre d’affaire autour de la machine. Nous proposons ce service à nos clients pour appuyer nos présentations projets, plus que nous ne réalisons leurs autres maquettes. Nous vendons des prestations intellectuelles appliquées à un objet. Notre démarche est artistique avec un fort bagage technique.
En revanche les résines techniques, haute température, calcinables ou encore céramique qui nous donnent des idées pour la suite…